Réponses des partis politiques aux doléances des chargés de cours
Réponses des partis politiques aux doléances des chargés de cours
La section Enseignement du FNCTTFEL-Landesverband a soumis deux questions aux partis politiques, l'une concerne la décharge pour ancienneté, et l'autre l'occupation des postes.
Cinq partis politiques ont répondu à ces questions: LSAP, déi Lénk, KPL déi Gréng et PID.
Voici les questions et les réponses des partis poltiques.
Question 1) décharge d'ancienneté
Depuis plusieurs années, les chargés de cours demandent une décharge pour ancienneté (d’âge) à l’instar de leurs collègues brevetés. Ceux-ci ont droit à une décharge pour ancienneté (d’âge) indépendamment de leur ancienneté de service :
- à partir de 45 ans à une leçon hebdomadaire d’enseignement direct
- à partir de 50 ans à 2 leçons hebdomadaires d’enseignement direct
- à partir de 55 ans à 4 leçons hebdomadaires d’enseignement direct
Les raisons bien fondées de cette mesure n’ont plus besoin d’être justifiées et ne sauront dépendre – à nos yeux - d’un diplôme. En effet, les enseignants brevetés et les chargés de cours font le même travail et devraient bénéficier des mêmes conditions de travail. (Actuellement un enseignant breveté de 55 ans a une tâche de 19 leçons d’enseignement direct, alors que son collègue chargé de cours en devra assurer 24 !)
Comment se positionne votre parti à l’égard de cette revendication, à nos yeux, légitime des chargés de cours?
Question 2) Occupation anneulle des postes
Chaque année tous les chargés de cours en possession d’un contrat à durée indéterminée auprès du MEN se voient obligés de poser leur candidature à un poste d’enseignement indépendamment si leur propre poste (poste qu’ils occupaient pendant l’année scolaire échue) est resté vacant après l’affectation du personnel enseignant breveté par le MEN, donc toujours disponible pour l’année scolaire suivante.
Votre parti ne pense-t-il pas que cette procédure va à l’encontre de la continuité tant évoquée lors de la réforme de l’enseignement fondamental (est-ce que les enfants dont les cours sont dispensés par des chargés de cours n’ont pas droit au même enseignant l’année suivante ?). À ce titre et afin de garantir une plus grande stabilité au sein des équipes pédagogiques, votre parti favorisera-t-il l’affectation définitive des chargés de cours à une commune, et le cas échéant sous quelles conditions (nombre d’années de services, volet de formation continue,…) ?
Réponses LSAP
Nous partageons entièrement vos réflexions concernant les décharges pour ancienneté attribuées aux enseignants brevetés. Nous estimons que les chargés de cours, soumis aux mêmes conditions de travail que leurs collègues brevetés, devraient aussi pouvoir en bénéficier. Nous sommes d’ailleurs intervenus auprès de Madame la Ministre de l’Education nationale et auprès de Monsieur le Ministre de la Fonction publique. Nous avons retenu qu’une solution devra être dégagée dans un contexte plus global, à savoir celui de la réforme de la fonction publique. En effet, cette dernière offrira une nouvelle possibilité d’accès à la fonction publique par le principe de la validation des acquis par l’expérience. Ainsi, les chargés de cours auront la possibilité de fonctionnarisation selon des critères définis et pourront bénéficier en tant que fonctionnaires de toutes les décharges en vigueur.
Vous abordez aussi la problématique de l’affectation des chargés de cours. Cependant, nous estimons que les enseignants brevetés doivent toujours être considérés de manière prioritaire lors de l’affectation des postes. Nous sommes d’accord que la stabilité des équipes pédagogiques est importante et nous pourrons essayer de trouver une solution visant à préserver une certaine pérennité.
Réponses déi Lénk
1) Décharge d’ancienneté des chargés de cours
En ce qui concerne la décharge d’ancienneté des chargés de cours, votre constat est absolument pertinent. Voilà pourquoi, nous sommes pleinement d’accord avec votre revendication y relative, nous l’avons toujours soutenu dans la passé et nous ferons tous les efforts nécessaires pour la réaliser dans les meilleurs délais possibles. En effet, les raisons bien fondées pour demander la même décharge d’ancienneté pour tout enseignement, indépendamment de son diplôme, n’ont plus besoin d’être justifiées. Les enseignants brevetés et les chargés de cours font le même travail et devraient bénéficier des mêmes conditions de travail.
2) Réaffectation annuelle des chargés de cours
Actuellement, chaque année tous les chargés de cours, y compris ceux en possession d’un contrat à durée indéterminée auprès du MEN, sont obligés de poser leur candidature à un poste d’enseignement indépendamment si leur propre poste (poste qu’ils occupaient pendant l’année scolaire échue) est resté vacant après l’affectation du personnel enseignant breveté par le MEN. Cette procédure va à l’encontre de la continuité retenue lors de la réforme de l’enseignement fondamental. Bien que nous n’ayons pas de solution toute prête à offrir, nous estimons que la stabilité et la continuité des équipes pédagogiques doit être renforcée. A notre avis, il y a lieu de vieller à une intégration optimale dans l’enseignement et les équipes pédagogiques des chargés de cours qui contribuent au fonctionnement de l’école publique. Nous aimerions également favoriser d’avantage la formation continue, selon un système modulaire, capitalisable. Enfin, il s’agit d’affecter tout enseignant à une école communale. Le maintien dans l’école choisie devrait être de principe pour chaque enseignant et les règles de réaffectation – aussi bien de réaffectation volontaire, que de réaffectation nécessaire en cas d’insuffisance de postes – devraient être précisées ensemble avec les représentants des enseignants (y compris de ceux des chargés de cours).
Réponses KPL
Le fait que le problème des charges de cours dure depuis si longtemps et n'a toujours pas été résolu illustre bien sa complexité.
II est évident que si l'on souhaite avoir un enseignement de qualité, les enseignants doivent, outre à posséder une série de qualités indispensables, avoir également une formation spécifique, afin de pouvoir remplir, au mieux, cette mission vraiment très importante.
C'est pourquoi, si dans le premier point, relatif à la décharge de leçon(s) en fonction de l'âge, nous estimons que des personnes faisant le même travail doivent évidemment avoir un traitement identique, le second point est plus délicat.
En effet, ici il y a le facteur formation qui intervient. Que faire lorsqu'un jeune, ayant suivi une formation complète d'enseignant, présente sa candidature à la fin de ses études? Peut-on refuser un emploi à un jeune dont la vocation est d'enseigner, et qui pour ce faire a suivi une formation spécifique?
Et d'autre part, peut-on maintenir indéfiniment un chargé de cours dans la précarité avec, chaque année un nouveau COD, alors qu'il a permis, en travaillant dans l'enseignement, de résoudre le problème de carence d'enseignants diplômés?
II nous semble donc que, dans un souci d’équité, la solution qui s'impose serait de permettre à un charge d'éducation, ayant terminé la formation de base de plusieurs mois pour avoir un CDI, devrait pouvoir participer au stage officiel (sans perdre son CDI), afin de continuer sa formation pendant deux ans et demie ou trois ans dans le cadre du stage pédagogique.
Après avoir suivi cette formation, rien ne pourra plus justifier une différence de traitement, pas même au niveau de la rémunération.
Réponses déi Gréng
1) Décharge d’ancienneté des chargés de cours
Le parti déi gréng estime que cette revendication est légitime et ne dépend non pas du diplôme mais de la nature du travail effectué. Nous ne voyons donc aucune raison à ce que les chargé-e-s de cours ne puissent pas profiter des mêmes décharges pour ancienneté d’âge dont profitent leurs collègues brevetés.
2) Réaffectation annuelle des chargés de cours
Malheureusement, nous ne pouvons pas nous rallier à cette proposition d’affectation définitive des chargés de cours. En effet, même les enseignant-e-s breveté-e-s ne sont pas affecté-e-s définitivement à une commune spécifique et cette solution est donc difficilement envisageable pour les chargé-e-s de cours. L’affectation des postes dépend notamment du nombre de postes prévu par le contingent.
Ceci dit, il nous semble évident qu’une solution devrait néanmoins être trouvée au niveau régional afin de gérer ces affectations de manière à ce qu’un maximum reste raisonnablement proche de l’ancienne commune de travail, respectivement du lieu de résidence.
Enfin, déi gréng estiment aussi que l’Université du Luxembourg devrait offrir des formations « en cours d'emploi » à l’adresse des chargé-e-s de cours.
Réponses PID
1) Décharge d’ancienneté des chargés de cours
Ici il y a effectivement application du principe de deux poids-deux mesures. Les 2 groupes faisant le même travail, mais n’étant pas rémunérés de la même façon et ne jouissant pas des mêmes conditions de travail est pour Nous le PID contraire à notre philosophie de l’équité. Il n’ a aucune discussion et cela doit changer impérativement.
2) Réaffectation annuelle des chargés de cours
Dans le temps il y avait une plus grande continuité à l’école ( Pour mémoire mon instituteur m’a accompagné pendant 6 ans et me connaissait de fond en comble). La continuité est garante d’un meilleur suivi. Notre parti pense qu’il faut œuvrer dans le sens d’une stabilité des équipes pédagogiques et que le plus important est la transmission du savoir. Toute mentalité basée sur des considérations économiques et administratives est contreproductive.
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